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Reset numérique de septembre : comment reprendre le contrôle de son téléphone ?

Par EL BARHRASSI Meryem -le

Reset numérique de septembre : comment reprendre le contrôle de son téléphone ?
Groupes WhatsApp réactivés, e-mails professionnels, applications scolaires, réseaux sociaux, promotions et livraisons : depuis la rentrée, les notifications s’accumulent. Sans supprimer toutes ses applications ni disparaître d’Internet, quelques réglages suffisent pour retrouver un usage plus calme et plus intentionnel de son smartphone.

La rentrée a relancé les agendas, mais aussi les écrans. Groupes professionnels réactivés, messages liés à l’école, promotions, livraisons et réseaux sociaux se disputent désormais l’attention tout au long de la journée.

 

Le problème ne tient pas seulement au nombre d’heures passées sur son téléphone. La multiplication des consultations et des interruptions compte tout autant. Chaque notification peut rompre la concentration, même lorsqu’elle ne dure que quelques secondes.

 

L’objectif d’un « reset numérique » n’est donc pas de bannir le smartphone. Il consiste plutôt à reprendre la main sur son usage : décider quelles applications méritent de nous interrompre, à quel moment et pour quelle raison.

 

Commencer par mesurer plutôt que culpabiliser

 

Avant de supprimer quoi que ce soit, mieux vaut comprendre où part son temps. Les smartphones récents intègrent déjà des outils capables d’indiquer la durée d’utilisation quotidienne, le nombre de déverrouillages ou encore les applications qui envoient le plus de notifications.

 

Sur Android, ces informations sont généralement accessibles via la rubrique « Bien-être numérique ». Sur iPhone, elles se trouvent dans « Temps d’écran ».

Observer ces données pendant une semaine permet d’obtenir une vision plus fidèle de ses habitudes. L’usage peut en effet varier fortement entre les jours de travail et le week-end.

 

Trois indicateurs sont particulièrement utiles : les applications les plus utilisées, la fréquence de consultation du téléphone et le volume de notifications reçues. L’objectif n’est pas de se fixer immédiatement une limite arbitraire, mais de repérer les automatismes.

 

La vraie question n’est pas seulement de savoir combien de temps l’on passe sur son téléphone, mais combien de fois on l’ouvre sans l’avoir réellement décidé.

 

Faire le tri dans les applications

 

Le premier ménage peut se faire directement sur l’écran d’accueil. Une application téléchargée par curiosité, un jeu abandonné ou un service inutilisé depuis plusieurs mois n’a probablement plus besoin d’être visible.

 

Pour simplifier le tri, il suffit de distinguer trois catégories : les applications indispensables, celles qui restent utiles de manière occasionnelle et celles qui ne servent quasiment plus.

Les premières peuvent rester accessibles. Les secondes peuvent être regroupées dans un dossier ou retirées de l’écran d’accueil sans être supprimées. Les dernières peuvent tout simplement être désinstallées.

 

Ce tri peut également être l’occasion de vérifier les abonnements payants. Certaines applications continuent d’être facturées longtemps après avoir cessé d’être utilisées. Quelques minutes dans la rubrique dédiée peuvent donc éviter des prélèvements inutiles.

 

Couper les notifications qui ne méritent pas une interruption

 

Toutes les alertes ne se valent pas. Un message familial urgent n’a évidemment pas la même importance qu’une promotion commerciale ou qu’une suggestion de vidéo.

Le plus simple consiste à désactiver en priorité les notifications des boutiques en ligne, des applications de livraison, des jeux, des réseaux sociaux ou encore des plateformes de streaming.

 

Pour les applications jugées importantes, une solution intermédiaire existe : conserver les notifications tout en supprimant le son, la vibration ou l’affichage sur l’écran verrouillé.

 

Les groupes WhatsApp sont un cas particulier. Il n’est pas toujours possible de les quitter, surtout lorsqu’ils concernent le travail, la famille ou la scolarité des enfants. En revanche, ils peuvent être mis en sourdine et consultés à des moments choisis.

 

Le but n’est pas de devenir injoignable. Il s’agit simplement de réserver les interruptions immédiates aux personnes et aux informations qui le justifient vraiment.

 

Programmer de vraies plages de concentration

 

Une fois les alertes triées, les modes de concentration peuvent prendre le relais. Android propose des minuteurs d’applications et des outils de bien-être numérique. Sur iPhone, les modes « Concentration » permettent de sélectionner les personnes et les applications autorisées selon le moment de la journée.

 

Trois profils peuvent suffire : un mode travail ou études, un mode personnel et un mode sommeil.

Le premier conserve uniquement les outils professionnels et les appels importants. Le second coupe les sollicitations liées au travail. Le dernier limite les interruptions nocturnes aux seuls contacts prioritaires.

 

Ces réglages peuvent être automatisés. Une fois programmés, ils évitent d’avoir à décider à chaque notification s’il faut répondre ou non.

 

Réduire le temps d’écran sans objectif irréaliste

 

Passer brutalement de plusieurs heures d’utilisation quotidienne à quelques minutes fonctionne rarement sur la durée. Une réduction progressive est généralement plus facile à maintenir.

Commencer par limiter de 15 à 30 minutes l’application la plus chronophage peut déjà faire une différence. Les minuteurs intégrés aux smartphones permettent d’afficher un rappel ou de bloquer temporairement l’accès une fois la limite atteinte.

 

Déplacer les réseaux sociaux vers une page moins accessible, désactiver la lecture automatique des vidéos ou se déconnecter de certains comptes ajoute également un peu de friction. Ce petit effort suffit parfois à casser le réflexe d’ouverture automatique.

 

L’idéal reste de remplacer le geste plutôt que de simplement l’interdire. Marcher quelques minutes, lire quelques pages ou prendre un café sans écran peuvent offrir une vraie alternative au défilement continu.

 

Un reset numérique possible en 30 minutes

 

Pour les plus pressés, l’opération peut tenir en une demi-heure. Les cinq premières minutes servent à consulter son rapport de temps d’écran et à identifier les trois applications les plus envahissantes.

 

Les dix minutes suivantes permettent de supprimer les applications inutiles ou de les retirer de l’écran d’accueil. Dix autres minutes peuvent être consacrées à la désactivation des notifications commerciales et non urgentes.

 

Les cinq dernières minutes suffisent enfin pour programmer un mode concentration pendant le travail et un autre pour la nuit.

Une règle simple peut compléter l’exercice pendant une semaine : aucune consultation des réseaux sociaux durant les trente premières minutes après le réveil ni pendant les trente dernières minutes avant le coucher.

 

Un smartphone toujours utile, mais moins envahissant

 

Le véritable enjeu n’est pas de faire disparaître le téléphone du quotidien. Il reste indispensable pour travailler, communiquer, se déplacer, effectuer des paiements ou gérer de nombreuses démarches.

 

Un reset numérique réussi se mesure plutôt à la baisse des consultations automatiques, à des repas moins interrompus et à des périodes de travail ou de repos plus continues.

 

À la rentrée, reprendre le contrôle de son écran ne nécessite donc ni déconnexion totale ni suppression radicale. Quelques applications en moins, des notifications mieux choisies et des plages horaires clairement définies peuvent déjà suffire à transformer la relation au smartphone.


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